SUIVI MÉTÉOROLOGIQUE MISE À JOUR JEUDI 02 JUILLET 2026 Run ECMWF IFS HRES / ECMWF ENS / SWISS HD Situation générale Un minimum dépressionnaire en bordure du champ de hautes pressions, positionné entre la Sardaigne et l'Italie, entretient un flux de secteur nord qui maintient une instabilité active sur la Corse. Ce forçage est soutenu par une anomalie d'altitude qui assure le développement des cellules instables dans ce contexte encore chargé. Cette anomalie se décale ensuite vers la Sicile en soirée de vendredi, libérant progressivement le secteur. A l'arrière, le bloc de hautes pressions en altitude se reforme rapidement et s'établit dès ce jeudi à 5981 mgpsur la péninsule ibérique, un niveau très élevé pour cette échéance avant de se maintenir à 5963 mgp le mercredi 8 juillet, il confirme la robustesse de la reconstruction anticyclonique. Cette configuration pourrait se prolonger au-delà des 12-13 juillet, avec pour conséquence directe de bloquer toute alimentation humide en provenance de l'Atlantique sur une large partie du continent européen. Samedi 4 juillet, les hautes pressions à 1034 hPase renforcent sur l'ouest de la Bretagne, coupant simultanément le flux de secteur nord sur la Méditerranée et marquant la fin des épisodes de Mistral et de Tramontane. Dimanche 5 et lundi 6 juillet, nous restons sous cet axe de hautes pressions. Les températures amorcent leur remontée et l'effet cumulatif se met à nouveau en place, exactement selon le mécanisme observé lors du précédent épisode Masse d'air stationnaire, absence de renouvellement nocturne efficace, contribution radiative journalière cumulative. L'extension de la dorsale en direction de l'Europe du nord à partir du mercredi 8 juillet favorise l'installation d'un flux de nord-est sur la France. Ce flux continental, sec et chaud par nature, vient amplifier la dynamique déjà en place et favoriser l'installation de températures à nouveau particulièrement élevées sur le pays. Lecture des ensembles ITN confirmation du second épisode Les ensembles du jour précisent et confirment ce scénario avec une convergence inter-modèles très étroite jusqu'au 6 juillet. Les déterministes sont remarquablement alignés sur les 2-4 juillet (écarts inférieurs à 0,4 °C sur tous les modèles), puis la montée en charge se matérialise nettement dès le 5 juillet (24,9-25,5 °C selon les modèles, écart 0,65 °C) et se confirme pleinement le 6 juillet (26,2-26,9 °C, écart 0,73 °C). L'AIFS se montre le plus offensif sur cette fenêtre a— 92 % de probabilité de canicule dès le 5 juillet et 100 % le 6 — tandis qu'ECMWF et ICON convergent vers 94-98 % le 6 juillet. La divergence s'installe à partir du 7 juillet, avec un écart inter-modèles qui explose à 4,07 °C (ICON à 23,89 °C contre GFS à 27,96 °C) avant de culminer à 6,57 °C le 8 juillet — l'écart le plus important enregistré sur l'ensemble de ce suivi. C'est la signature d'une zone d'incertitude majeure sur la dynamique exacte de cette fenêtre, vraisemblablement liée à la position précise du creux secondaire qui s'intercale en bordure du bloc autour de ces dates. ICON s'effondre vers 21,43 °C le 8 juillet — un écart qui ne correspond à aucun basculement physique identifié à ce stade — ce qui en fait la valeur la plus suspecte de l'ensemble, probablement un scénario de bas de distribution peu probable. Cumuls de précipitations sur 12 jours — jusqu'au 14 juillet La carte de cumuls ECMWF est instructive sur ce que ce blocage implique pour la France : sur l'ensemble de la fenêtre du 2 au 14 juillet, seuls 10 à 15 mm localisés sont attendus sur le nord-est, avec des cumuls quasi nuls sur la majeure partie du territoire métropolitain. La confirmation d'un déficit pluviométrique massif sur la France, la péninsule ibérique et la Corse est cohérente avec le verrou anticyclonique décrit — aucun épisode de précipitations significatives n'est attendu sur ces secteurs à cette échéance. Tendance ultérieure Au-delà du 8 juillet, ECMWF ENS et AIFS maintiennent des probabilités de canicule entre 70 et 86 % jusqu'au 12-13 juillet, avec des médianes ensemblistes entre 25,4 et 27,3 °C. Le plateau chaud semble s'inscrire dans la durée, sur un fond thermique de sols secs et de SST méditerranéennes toujours anormalement élevées. GFS reste le modèle le plus chaud sur cette fenêtre mais aussi le plus instable d'un run à l'autre, avec un spread particulièrement élevé au-delà de J+7 — à ne pas surpondérer dans la communication.